Noxolo, BD lesbienne en Afrique du Sud

2013 : Nataxa est policière au poste de New Tsakane, à l’est de Johannesburg. Sur son bureau, des dossiers à trier et à classer. L’un d’eux lui brûle les mains : celui de Noxolo, une mère de 2 enfants, âgée de 24 ans, violée puis battue à mort en 2011.

Pourquoi ses tortionnaires n’ont-ils pas été identifiés et appréhendés ? Son orientation sexuelle ne serait-elle pas à l’origine du calvaire qui lui a été infligé, dans une Afrique du Sud où le redressement de lesbiennes est une pratique sinistrement répandue ?

Noxolo, BD lesbienne en Afrique du Sud
Noxolo, BD lesbienne en Afrique du Sud

Malgré les mises en garde de sa hiérarchie, Nataxa ne peut s’empêcher de mettre son nez dans cette affaire. Elle contacte un groupe de défense des droits des homosexuels, EPOC…

Une BD basée sur une histoire vraie

Le cas, tiré d’une histoire vraie, de Noxolo Nogwaza n’est malheureusement pas isolé. C’est pourquoi Amnesty International a décidé d’en faire un de ses chevaux de bataille…

Jean-Christophe Morandeau, en collaboration avec l’organisation et son partenaire local, EPOC, a choisi, lui, de l’intégrer au coeur d’une fiction. Mais une fiction qui retrace tout de même avec précision – et émotion – le drame de Noxolo ainsi que les enjeux associés.

Small Favors : la BD pour les filles qui aiment les filles

Pas de doute, vous tenez entre les mains un roman graphique de filles pour les filles, à la fois explicite et joyeux.

Bisexuelle avouée, la dessinatrice américaine Colleen Coover signe avec Small Favors une BD libérée, empreinte de fantaisie et servie par une somptueuse ligne claire.

Small Favors est un « Girly porno comic book » (c’est le slogan qui orne le livre dans son pays d’origine), c’est-à-dire une bande dessinée porno pour filles qui est à la fois explicite et joyeuse.

Explicite : la langue est crue ou simplement ordinaire ; quand les protagonistes passent à l’action, elles nomment un chat, un chat et un gode, un gode.

Joyeuse : l’ambiance qui y règne est bon enfant ; même si les scènes évoquent torture et sado-masochisme, il ne s’agit que de jeux sexuels où les coups de badine et les fessées donnent au plus du plaisir à la pelle.

Et puis, il faut ajouter que le dessin de Colleen Coover est tout sauf réaliste. Son trait, une ligne claire ronde et accueillante, à la fois enfantin et adulte, rappelle aussi bien les bandes dessinées américaines de la série Archie que celles des frères Hernandez.

Le style de Coover ne peut que plaire aux lecteurs européens, bercés depuis leur plus jeune âge dans ce style graphique, qui trempe l’humour et les choses de la vie dans la même marmite.

La première BD lesbienne porno Small Favors est aussi une première. C’est la première bande dessinée porno lesbienne de cette ampleur imaginée, écrite, conçue et réalisée par une femme.

Elle est parue chez Eros Comix aux États-Unis, sous formes de 7 comics books, à partir de 2001. La présente édition française compile deux romans graphiques publiés chez cet éditeur en 2002 et en 2004.

La forme des romans graphiques d’origine a été conservée, les couvertures très hype, très modernes, les présentations intérieures découpés en faisant suivre les sept fascicules de comic books et offrant également aux lecteurs des bonus amusants – comme des publicités franchement libidineuses. La narration est formée de récits courts, d’épisodes divers en quelque sorte, qui se lisent comme une histoire à suivre.

Quelle est l’histoire cette bande dessinée lesbienne ?

Les héroïnes, sont des filles, âgés de plus de 20 ans et juste des filles, qui parlent de sexe, de sexe et de sexe, et qui le mettent en pratique.

Elles se masturbent, souvent et se touchent entre elles, très souvent aussi, à deux ou à cinq – comme c’est le cas dans la deuxième partie du livre.

Small Favors est clairement un hymne à l’amour des femmes pour les femmes, au sexe entre femmes et à l’homosexualité féminine.

Tout commence quand Annie, qui passe son temps à lorgner sa voisine en se frottant le clitoris, tombe dans le terrier de sa conscience. Accueillie vertement par la Reine de sa conscience, cette dernière la réprimande et lui adjoint une gardienne lilliputienne, Nibbil, chargée de ramener Annie dans le droit chemin, celui de la vertu.

De retour sur terre, la lilliputienne montre qu’elle sait aussi atteindre une taille humaine et que ses différentes changements de taille ne font que servir la passion irrésistible qu’Annie éprouve pour les filles et le sexe.

Annie et Nibbil vont ainsi se découvrir un amour véritable. Dans le second livre de Small Favors, elles vont rencontrer Sage, une autre fille qui, comme Annie, avait du mal à avouer en public son goût pour les femmes et son homosexualité.

Et puis les derniers épisodes mettent en scène une fête costumée organisée par Yukiko, la fameuse voisine sur laquelle Annie a tant fantasmé.

40 dessinateurs contre l’homophobie (BD)

40 dessinateurs contre l'homophobie (BD)

Retrouvez une sélection de 30 artistes qui luttent contre les LGBTphobies grâce à cette bande dessinée collective.

L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie prennent vie sous les traits, parfois violents mais toujours sensibles, de ces artistes qui ont décidé de s’engager avec leur talent, avec des dessins car les discriminations sont encore bien ancrées dans la société.

Initié en 2009 par Julie Maroh (« Le bleu est une couleur chaude »), puis repris en 2012 par les blogueurs Silver et Pochep, le « Projet 17 mai » rassemble une centaine de blogueurs-euses et illustrateurs-trices, invités à créer autour de l’homosexualité, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai de chaque année.

Quelques extraits

Le tome 1 toujours disponible !

Avec Carole Maurel (Les chroniques mauves), Silver, Pochep (Fluide Galcial, Les Autres Gens), Gami Gribouille, Jeromeuh, Julie Maroh (Le bleu est une couleur chaude adapté au cinéma sous le titre « La Vie d’Adèle »), Anne-lise NALIN, Romain Ronzeau, Mothy, Unter, Ipomée, Quibé, Didier Garguilo, Mawy, Zélie…

Les bénéfices de ces livres vont à l’association SOS Homophobie.

« Fun home », une BD à l’humour sombre (Alison Bechdel)

BD - Fun home (Alison Bechdel)

Bruce Bechdel enseigne l’anglais dans une petite ville de Pennsylvanie tout en dirigeant le « Fun Home », le salon funéraire familial. Sa sensibilité, sa passion des livres, son raffinement s’expriment tant dans l’embaumement des corps que dans la restauration obsessionnelle de sa maison et la dictature esthétique à laquelle il soumet sa femme et ses trois enfants.

La jeunesse d’Alison, sa fille, est envahie par l’ombre de ce père aux secrets brûlants, ogre des sentiments à la fois distant et infiniment proche.

Elle découvre en même temps sa propre homosexualité et celle, soigneusement cachée, de ce tyran charmant, inconséquent et tourmenté, dont la mort brutale à 44 ans a tout d’un suicide.

Secrets de famille, déchirures cachées, enfance gothique, anxiétés sexuelles et grande littérature. Une autobiographie familiale à l’humour sombre et à la lucidité éblouissante.

Dépassant de loin sa fonction d’exorcisme personnel, cette plongée vertigineuse dans les non-dits d’une famille américaine est le prétexte à revisiter l’une des plus grandes révolutions du XXe siècle – celle des genres sexuels.