En 2004, la narratrice, occidentale, lesbienne et écrivain, erre dans les rues de New Delhi. Elle tombe en arrêt devant un sitar exposé dans la vitrine d’un magasin de musique. Les formes et les courbes de l’instrument la sortent de sa dépression.
Elle rencontre une Indienne qu’elle va appeler Bimala, comme l’héroïne d’un film de Satyajit Ray. Les deux femmes vont tout faire pour se rejoindre.
Elle s’est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l’échancrure de la blouse laisse entrevoir une poitrine abondante. Peut-être n’est-elle même pas consciente de son attrait ? Peut-être n’y a-t-il eu personne pour le lui apprendre et réveiller en elle quelque orgueil endormi, quelque secrète vanité ? J’ai perçu en elle la promesse d’une musique qui n’avait pas encore été jouée et qui, même désaccordée, contiendrait sa secrète harmonie. Suffirait-il de jouer en virtuose de l’instrument pour l’allumer de lumières et de couleurs nouvelles et franchir ses ténèbres ?

22 juillet 2008
Lez Attitude
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